Le défenseur des droits LGBTI+ Temirlan Baimash interrogé par la police
Le 12 janvier 2026, la police de Saryark a interrogé le défenseur des droits humains Temirlan Baimash à la suite d'une plainte déposée par un représentant d'un groupe anti-LGBTI, en relation avec un incident survenu le 22 novembre 2025.
Temirlan Baimashest un défenseur des droits des personnes LGBTI originaire du Kazakhstan et cofondateur de Queer.kz, une initiative populaire menée par des jeunes. Il défend les droits et la visibilité des personnes LGBTIQA+.
Le 12 janvier 2026, la police de Saryark a interrogé le défenseur des droits humains Temirlan Baimash à la suite d'une plainte déposée par un représentant d'un groupe anti-LGBTI, en relation avec un incident survenu le 22 novembre 2025.
Temirlan Baymash est un défenseur des droits des personnes LGBTI originaire du Kazakhstan et cofondateur de Queer.kz, une initiative populaire menée par des jeunes. Il défend les droits et la visibilité des personnes LGBTIQA+.
Le 12 janvier 2026, la police de Saryark a interrogé Temirlan Baimash à la suite d'un incident survenu dans un café à Astana le 22 novembre 2025. Une vidéo fournie par le défenseur montre un groupe d'autodéfense pro-nationaliste et anti-LGBTI en train de l’agresser physiquement et verbalement, ainsi que la défenseuse des droits des personnes LGBTI Zhanar Sekerbayeva. À la suite de cet incident, une fausse plainte a été déposée par une leader informelle du groupe anti-LGBTI, alléguant que Temirlan Baimash l'avait en fait agressée physiquement dans le café. Les preuves vidéo confirment que c'est faux. Le défenseur des droits humains est actuellement « témoin » dans l'enquête pénale ouverte à son encontre par la police. Au cours de l'interrogatoire, le défenseur des droits humains, en présence de son avocat, a réaffirmé que le groupe anti-LGBTI en question avait lancé une attaque contre lui et Zhanar Sekerbayeva.
Le 22 novembre 2025, lorsque les autorités sont arrivées au café d'Astana, elles n'ont pas arrêté les membres du groupe anti-LGBTI et ont arrêté à la place Temirlan Baimash. Zhanar Sekerbayeva, qui s'était réfugiée dans un magasin voisin pour échapper aux agressions et au harcèlement, a également été arrêtée. Les deux défenseur⸱ses des droits humains ont été emmenés au commissariat de Saryarka, où ils ont été détenus pendant trois heures avant d’être libérés. Les autorités ont refusé de donner les raisons de leur arrestation.
Les actes d’intimidations et de harcèlement continus dont Temirlan Baimash fait l'objet s'inscrivent dans le contexte de la loi contre la soi-disant « propagande LGBTI », adoptée au Kazakhstan le 30 décembre 2025. Cette loi a été adoptée afin d'interdire la « diffusion d'informations contenant de la propagande en faveur d'orientations sexuelles non traditionnelles et de la pédophilie » dans les médias et sur Internet. Des lois similaires sont actuellement en vigueur en Russie, au Kirghizstan et en Géorgie, où les autorités les utilisent de manière disproportionnée pour cibler les défenseur·ses des personnes LGBTI et d'autres groupes à cause de leur travail en faveur des droits humains. Les groupes LGBTI sont directement harcelés par les autorités et de plus en plus marginalisés par la société.
Front Line Defenders est profondément préoccupée par le harcèlement continu dont fait l'objet Temirlan Baimash. L'organisation estime qu'il est pris pour cible en raison de son travail pacifique et légitime en faveur des droits humains, dans un environnement de plus en plus hostile aux défenseur·ses des droits des personnes LGBTI au Kazakhstan.
Front Line Defenders exhorte les autorités de la République du Kazakhstan à :
- Cessez les actes de harcèlement, d'intimidation et le ciblage du défenseur des droits humains Temirlan Baimash ;
- Mener une enquête rapide, approfondie et impartiale sur les agressions physiques et verbales commises à l'encontre de Temirlan Baimash et Zhanar Sekerbayeva le 22 novembre 2025, et veiller à ce qu'elle permette de traduire les responsables en justice ;
- Veiller à ce que Temirlan Baimash et les autres défenseur⸱ses des droits humains LGBTI+ bénéficient d'une protection rapide et complète contre toute forme d'agression ou de représailles ;
- Garantir que les défenseur·ses des droits des personnes LGBTI puissent mener à bien leur travail légitime et pacifique en faveur des droits humains sans crainte de représailles et sans restrictions, conformément aux obligations internationales du Kazakhstan en matière de droits humains.
