Les défenseur⸱ses des droits humains emprisonnés doivent être libérés alors que les hostilités s'intensifient en Iran
Front Line Defenders demande la libération des défenseur⸱ses des droits humains injustement détenus en Iran et la fin des hostilités à l'approche des fêtes au Moyen-Orient, en particulier du Norouz en Iran.
Le 20 mars, de nombreuses personnes au Moyen-Orient et en Iran célèbreront Norouz, le Nouvel an persan. Cependant, l'escalade du conflit depuis le 28 février 2026 a provoqué le déplacement de millions de personnes en Iran et au Liban et a fait des centaines de victimes dans toute la région, parmi lesquelles des professionnels de la santé, des civils et des enfants. Depuis le début de la guerre, internet est coupé en Iran, et les États du Golfe restreignent encore plus la liberté d'expression. En Iran, au moins trois défenseur⸱ses des droits humains et journalistes ont été arrêtés, et s’ajoutent à des centaines de cas de détentions arbitraires et de disparitions. Les médias d'État iraniens ont fait état d'au moins quatre exécutions les 17 et 18 mars 2026, liées aux manifestations de janvier 2026 et à des accusations d'espionnage en rapport avec la guerre des douze jours de juillet 2025.
Le défenseur des droits de l'homme iranien Soheil Arabi est porté disparu depuis le 17 mars 2026, ce qui laisse craindre qu'il ait été arrêté. Il publiait sur ses réseaux sociaux des photos de quartiers de Téhéran touchés par le conflit. Le 15 mars 2026, la défenseuse des droits humains et réalisatrice de documentaires Mojgan Inanlou a été violemment arrêtée avec les membres de sa famille à Téhéran. Leur domicile a fait l'objet d'une perquisition et leurs appareils électroniques ont été saisis. Mojgan Inanlu et sa famille auraient été libérées sous caution le 17 mars 2026.
Le 18 mars 2026, Sharifeh Mohammadi a bénéficié d’une permission d'une semaine de la prison de Lakan à Rasht, province du Gilan. La défenseuse des droits humains est injustement emprisonnée depuis décembre 2023, en grande partie dans le couloir de la mort. En octobre 2025, le président de la Cour suprême iranienne a commué la peine de mort prononcée à l'encontre de cette défenseuse en une peine de trente ans d'emprisonnement.
Front Line Defenders salue la libération provisoire de Sharifeh Mohmmadi, Mojgan Inanlu et Shima Ghooseh à l'approche de Norouz, le Nouvel An célébré par les Iraniens et de nombreux autres peuples de la région. L'organisation appelle en outre les autorités iraniennes à libérer tous les défenseur⸱ses des droits humains qui ont été arrêtés pour avoir exercé leurs activités, notamment Narges Mohammadi, Golrokh Iraee, Sepideh Gholian, Sharifeh Mohammadi, Serveh Pourmohammadi, Edris Menbari, Mohammad Najafi, Mohammad Reza Faghihi, Reza Khandan, Ahmadreza Haeri, Taher Naghavi, Seyed Mehdi Karimi Farsi, Javad Alikordi, Abolfazl Ranjbari , Hashm Khastar et Masoud Farhikhteh.
Par ailleurs, le Conseil de coordination de l'Association syndicale des enseignants iraniens (CCITTA) a indiqué que Masoud Farhikhteh, défenseur des droits humains et membre éminent du CCITTA, avait entamé une grève de la faim de trois jours le 18 mars 2026 afin de protester contre la « situation désastreuse des détenus et d'attirer l'attention sur le sort des prisonniers politiques, des militants civils et des personnes condamnées pour des infractions non intentionnelles, entre autres ».
Front Line Defenders a reçu des informations émanant d'organisations de défense des droits humains concernant la détérioration des conditions de détention dans les prisons iraniennes, en particulier dans le contexte de l'escalade du conflit. L’organisation fait part de ses vives préoccupations concernant ces rapports, notamment en raison de l'attaque menée par les forces israéliennes contre le complexe d'Evin en juin 2025. Selon la mission d'enquête des Nations unies sur l'Iran, cette attaque pourrait constituer un crime de guerre.
Front Line Defenders réitère l'appel qu'elle a lancé le 5 mars 2026, demandant aux autorités compétentes de prendre en compte les préoccupations en matière de protection et de mettre en place des mesures concrètes de soutien et de protection pour les défenseur⸱ses des droits humains en danger. Front Line Defenders appelle les autorités iraniennes à libérer ou à accorder une permission de sortie aux défenseur⸱ses des droits humains détenus, pour des raisons humanitaires.



















